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IA versus humains

Pourquoi détecter une menace ne suffit plus

Les agents IA commencent à sortir du simple rôle d’assistant.

Ils peuvent rechercher une information, consulter des documents, interroger une base de données, envoyer un message, créer une tâche ou déclencher une action dans un outil métier.

Cette capacité à agir représente précisément leur intérêt.

Mais elle fait également apparaître une nouvelle question de cybersécurité : à quoi un agent IA a-t-il réellement le droit d’accéder ?

Lorsqu’un collaborateur rejoint une entreprise, un compte lui est créé. Des droits lui sont attribués selon son métier. Son activité peut être supervisée. Ses accès peuvent être revus puis supprimés lorsqu’il quitte l’organisation.

Avec les agents IA, cette même logique doit progressivement être appliquée à des identités qui ne sont plus humaines.

Un agent IA n’est plus seulement un chatbot

La différence entre un assistant conversationnel et un agent est importante.

Un assistant peut répondre à une question ou générer du contenu.

Un agent peut aller plus loin en utilisant différents outils afin d’accomplir une tâche.

Il peut par exemple consulter SharePoint pour rechercher un document, interroger une application métier, exploiter Microsoft Graph ou agir dans un workflow.

Microsoft définit les agents comme des systèmes capables de comprendre leur environnement, prendre des décisions et utiliser différents outils pour atteindre un objectif.

Cette autonomie change directement le modèle de sécurité.

Dès qu’un agent doit accéder à une ressource de l’entreprise, il faut être capable de déterminer :

  • qui est cet agent ;

  • qui l’a créé ;

  • quelles ressources il peut consulter ;

  • quelles actions il peut effectuer ;

  • sous quelle identité il agit ;

  • comment ses actions sont tracées ;

  • quand ses droits doivent être supprimés.

Des questions très proches de celles déjà posées pour les utilisateurs humains.

Le prochain compte sensible de votre entreprise ne sera peut-être pas humain

Pendant longtemps, la gestion des identités concernait principalement les collaborateurs, les administrateurs et les applications.

L’arrivée des agents IA ajoute une nouvelle catégorie.

Microsoft parle désormais explicitement d’agent identities, des identités conçues pour représenter les agents IA au sein de Microsoft Entra.

L’objectif est de pouvoir identifier un agent de manière distincte plutôt que de lui faire utiliser un compte générique ou les identifiants d’un utilisateur.

Cette distinction est essentielle.

Si plusieurs agents utilisent les mêmes accès ou agissent sous l’identité d’un collaborateur, il devient beaucoup plus difficile de déterminer précisément qui a réalisé une action.

À l’inverse, attribuer une identité propre à chaque agent permet de lui appliquer des règles spécifiques et de conserver une trace de son activité. Microsoft Entra Agent ID permet notamment d’enregistrer les agents, de gérer leurs identités et de journaliser leur authentification.

La logique est finalement assez simple :

si un agent peut agir dans votre système d’information, il doit être identifiable.

Le risque des permissions trop importantes

Un agent n’a pas besoin d’accéder à l’ensemble de Microsoft 365 pour réaliser une tâche précise.

Un agent chargé d’analyser certains documents commerciaux n’a probablement pas besoin d’accéder aux espaces RH.

Un agent utilisé pour automatiser un processus financier n’a pas nécessairement besoin de consulter toutes les boîtes mail de l’entreprise.

Pourtant, lorsqu’un nouveau projet doit être déployé rapidement, la tentation peut être forte d’accorder des permissions larges pour éviter les problèmes de fonctionnement.

C’est exactement le type de pratique qui peut créer un risque.

Plus un agent dispose de droits importants plus les conséquences peuvent devenir sérieuses en cas de compromission, de mauvaise configuration ou simplement de comportement inattendu.

Le principe du moindre privilège devient donc essentiel : donner à chaque agent uniquement les autorisations nécessaires à sa mission.

Microsoft recommande précisément d’appliquer ce principe aux agents IA et de limiter leurs accès aux données, systèmes et outils strictement nécessaires à leur fonctionnement.

Le Zero Trust doit aussi s’appliquer aux agents

Le principe Zero Trust repose notamment sur une idée : ne jamais considérer automatiquement qu’une identité ou une connexion est digne de confiance.

Chaque accès doit être évalué en fonction de son contexte et des règles définies par l’organisation.

Pourquoi cette logique s’arrêterait-elle aux utilisateurs humains ?

Microsoft étend aujourd’hui plusieurs mécanismes de sécurité Entra aux identités d’agents.

L’accès conditionnel peut notamment permettre d’appliquer des politiques spécifiques aux agents et d’utiliser différents signaux de risque avant d’autoriser l’accès à une ressource.

Identity Protection peut également identifier certaines activités anormales associées à une identité d’agent et alimenter les politiques de sécurité correspondantes.

Un agent considéré comme risqué peut ainsi être soumis à des restrictions.

Le principe est important : l’automatisation ne doit pas signifier l’absence de contrôle.

Attention au Shadow Agent

Les entreprises connaissent déjà le Shadow IT.

Un collaborateur adopte un service cloud sans passer par l’équipe informatique. L’outil finit par contenir des données professionnelles sans être véritablement intégré à la politique de sécurité de l’entreprise.

L’IA ajoute aujourd’hui une nouvelle déclinaison de ce problème.

Le Shadow AI peut progressivement devenir du Shadow Agent.

Grâce aux plateformes low-code et aux nouveaux outils de création d’agents, il devient de plus en plus simple de créer une automatisation capable d’interagir avec différentes ressources.

Un agent peut être parfaitement utile tout en ayant été créé sans véritable réflexion sur sa gouvernance.

Combien d’agents existent dans l’organisation ?

Qui en est responsable ?

Ont-ils encore une utilité ?

Quelles permissions ont-ils obtenues ?

Certains ont-ils accès à des informations qu’ils ne devraient plus consulter ?

Cette multiplication peut rapidement devenir difficile à maîtriser.

Microsoft met d’ailleurs en avant la nécessité de découvrir et gérer les agents à l’échelle de l’organisation pour éviter ce phénomène d’« agent sprawl ».

Chaque agent doit avoir un propriétaire

Une identité technique sans responsable clairement identifié finit souvent par devenir une identité oubliée.

Le même risque existe avec les agents IA.

Lorsqu’un agent est déployé, une personne ou une équipe doit rester responsable de son cycle de vie.

Pourquoi cet agent existe-t-il ?

À quel processus répond-il ?

Quels accès lui ont été attribués ?

Ces accès sont-ils encore nécessaires six mois plus tard ?

Que devient l’agent lorsque le projet s’arrête ?

Microsoft Entra Agent ID prévoit justement des mécanismes permettant d’associer les agents à des responsables et de gérer leur cycle de vie ainsi que leurs droits.

Cette gouvernance devient particulièrement importante lorsque le nombre d’agents augmente.

Créer dix agents est relativement simple.

En administrer plusieurs centaines sans référentiel précis l’est beaucoup moins.

Pouvoir auditer ce qu’un agent a réellement fait

Lorsqu’un incident intervient, une question revient systématiquement : que s’est-il passé ?

Pour un agent IA, la réponse ne peut pas être : « nous savons qu’un agent avait accès au système mais nous ne savons pas exactement lequel ».

La journalisation devient donc indispensable.

Les authentifications et activités des identités d’agents peuvent être enregistrées dans Microsoft Entra afin de faciliter le suivi et l’audit.

Cette traçabilité permet de vérifier qu’un agent reste dans le périmètre attendu mais aussi de mener une investigation lorsqu’un comportement inhabituel apparaît.

Elle participe également à une gouvernance plus saine.

Un accès qui n’est jamais utilisé peut être supprimé.

Une action inhabituelle peut être investiguée.

Un agent devenu inutile peut être désactivé.

La sécurité ne repose plus seulement sur les droits attribués au départ mais sur leur contrôle dans la durée.

Sécuriser l’IA avant qu’elle ne devienne invisible

Les agents IA vont progressivement trouver leur place dans les outils quotidiens des entreprises.

Le problème ne sera probablement pas leur adoption.

Le véritable enjeu sera de conserver suffisamment de visibilité pour savoir qui agit, avec quels droits et sur quelles données.

Microsoft Entra Agent ID s’inscrit directement dans cette évolution en appliquant aux agents des principes déjà essentiels à la gestion des identités : authentification, moindre privilège, gouvernance, contrôle des accès et traçabilité.

Pour les entreprises déjà engagées dans Microsoft 365, Copilot ou l’automatisation par l’IA, la question mérite donc d’être intégrée dès maintenant à la stratégie de sécurité.

EXA accompagne les organisations dans la sécurisation et la gouvernance de leurs environnements Microsoft 365 avec une approche qui associe audit, conseil, gestion des accès et cybersécurité. EXA intègre également la gouvernance des usages de l’IA parmi les nouveaux risques à prendre en compte.

Avant de multiplier les agents, il faut savoir comment ils seront identifiés, contrôlés et audités.


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Michael